« Vous êtes témoins de ces choses. »

Luc 24:48 

 

 

 

 

La pâque juive commémore la sortie d’Égypte par les descendants de Jacob après 400 ans d’esclavage. C’est la « fête des pains sans levain » symbole de pureté et de vérité, la plus grande fête juive.

C’est au cours du repas pascal que la Sainte Cène a été instituée. Jésus entouré de ses disciples rend grâce. Par le symbole du pain et du vin, Il offre son corps et son sang pour notre salut.

Puis Il dévoile la trahison de Judas sans le nommer, sans doute par tristesse et pour  lui laisser la possibilité de se racheter mais l’apôtre le livrera par un baiser aux mains des sacrificateurs juifs pour trente pièces d’or. Ce n’est que plus tard que celui-ci en réalisera les conséquences et que les remords le pousseront à la pendaison.

Pourtant les autres apôtres disaient de lui qu’ « il était compté parmi nous, et avait part au même ministère. »

Nous apprendrons aussi la fuite des disciples lors de l’arrestation de Jésus, et  le triple reniement de Pierre malgré son engagement « quand il me faudrait mourir avec toi, je ne te renierai pas. Et tous les disciples dirent la même chose. »

L’évangile nous les présente comme découragés après la mort de Christ.

Pourtant Jésus avait pris le temps de les enseigner au cours de trois années passées ensemble. Il leur avait expliqué le sens de la croix et sa résurrection :  « Je vous le dis, je ne boirai plus désormais de ce fruit de la vigne, jusqu'au jour où j'en boirai du nouveau avec vous dans le royaume de mon Père. » Mais ils avaient mal interprété son message et ils avaient douté jusqu’à le renier.

Selon l’évangile de Jean, la plupart des apôtres qui étaient pêcheurs reprirent leur activité. Ils avaient jeté leur filet toute la nuit mais sans prendre aucun poisson. On imagine leur déception. Au lever du jour, Christ choisit ce moment pour les rejoindre et à son invitation, ils lancent une nouvelle fois leur filet et le miracle se produit : il y avait une telle quantité de poissons qu’ils peinaient à le remonter. C’était déjà la troisième fois que Jésus se montrait à eux depuis qu’il était ressuscité et jusque là, ils n’en étaient pas certains mais cette fois-ci il n’y avait plus d’ambiguïté, c’était bien le Seigneur !

Il prendra Pierre à part, et par trois fois Il lui demandera « M’aimes-tu ? » pour lui rappeler son serment non respecté, sanctionné  par le chant du coq. Jusque là, Pierre, aimait à mettre en avant sa sincérité vis-à-vis des autres apôtres mais depuis sa chute, il s’était remis en question et c’est humblement qu’il répondra « Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t’aime. »

Alors Christ lui dira « Pais mes brebis. En vérité, en vérité, je te le dis, quand tu étais plus jeune, tu te ceignais toi-même, et tu allais où tu voulais; mais quand tu seras vieux, tu étendras tes mains, et un autre te ceindra, et te mènera où tu ne voudras pas. » Il lui redonne toute sa confiance et lui demande de veiller sur tous les disciples sachant que la mission du Maître le conduira à mourir en martyr pour Lui.

A partir de ce moment, Pierre et les autres disciples rendront témoignage du Christ partout où ils iront. Investis du Saint-Esprit, ils accompliront des miracles telle la guérison par Pierre et Jean d’un boiteux. Les sacrificateurs avertis de cette guérison et mécontents de ce qu’ils enseignaient les arrêteront, mais Pierre tiendra tête au Grand prêtre. « Sachez-le tous, et que tout le peuple d'Israël le sache! C'est par le nom de Jésus-Christ de Nazareth, que vous avez crucifié, et que Dieu a ressuscité des morts, c'est par lui que cet homme se présente en pleine santé devant vous. » Ils les relâcheront mais en leur intimant l’ordre de ne pas parler de Jésus.

Pierre et Jean leur répondront « Jugez s’il est juste, devant Dieu de vous obéir plutôt qu’à Dieu ; car nous ne pouvons pas ne pas parler de ce que nous avons vu et entendu. »

Ils auront enfin compris le message de Christ et deviendront de véritables bâtisseurs d’Église.

L’attitude des disciples au travers de leur faiblesse, de leur lâcheté, la peur de mettre leur vie en danger, nous amène à réfléchir sur nous-mêmes. Nous avons à bien des égards, certaines similitudes de comportement lorsque nous rencontrons des difficultés. Nous doutons et oublions bien vite nos engagements. Mais la « résurrection » des apôtres, leur nouvel élan de foi nous montrent que nous pouvons changer d’attitude en prenant des risques comme Pierre et Jean. Soyons des disciples, convaincus et remplis de foi pour proclamer haut et fort qu’Il est le Christ vivant.

Nous aussi, accompagnés du Seigneur, sommes appelés à être des bâtisseurs d’Église « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde. »

 

Serge Warin