Violence et Royaume
Textes
bibliques :
« Les
pharisiens demandèrent à Jésus quand viendrait le royaume de Dieu. Il leur
répondit, Le royaume de Dieu ne vient pas de manière à frapper les regards. On
ne dira point, Il est ici, ou, Il est là. Car voici, le royaume de Dieu est au
milieu de vous. »
Luc 17 v 20 – 21
« La loi et les prophètes ont subsisté jusqu'à Jean; depuis
lors, le royaume de Dieu est annoncé, et chacun use de violence pour y
entrer. »
Luc 16 v 16
La violence est partout présente autour de
nous. Pour obtenir quelque chose il faut se montrer fort, il faut
impressionner, semer la terreur. La situation internationale nous montre bien
ces jours-ci à quel point les relations entre les peuples sont une affaire de
force. Pour pouvoir vivre dans une paix
relative, il faut un relatif équilibre des forces. L’adage le dit bien : Si
tu veux la paix, prépare la guerre. Ce qui est vrai au niveau des nations,
l’est à tous les niveaux de la société.
Nous pouvons le vérifier dans les relations entre patrons et
salariés ; entre policiers et délinquants, petits ou grands, en col blanc
ou en guenilles ; entre garçons et filles, et nous pourrions allonger la
liste à l’infini.
Il en a toujours été ainsi. Jésus, en parlant
du royaume qui vient souligne que chacun use de violence pour y entrer. Il ne
dit pas qu’il faut être violent pour entrer dans ce royaume, mais il constate
la réalité. L’homme riche qui vient à
Jésus pour lui demander ce qu’il faut faire pour hériter du royaume de Dieu,
aussi bien que les chefs religieux qui s’approchent de Lui avec des questions
pièges, sont eux aussi influencés par la pensée du rapport de force.
Qu’est ce que le royaume de Dieu ? Où
est-il ? Comment y entrer et y demeurer ?
A
la question des disciples de Jean-Baptiste, venus en délégation pour demander à
Jésus s’il est bien le Messie attendu, Jésus répond : « Depuis
Jean, le Royaume de Dieu est annoncé comme une bonne nouvelle. » Il
leur dit aussi de constater par eux-mêmes les signes de ce royaume. Ces signes
ne sont pas des manifestations de force au sens où l’entendent ceux qui règnent
sur les royaumes terrestres. Pourtant, une puissance extraordinaire est à
l’œuvre. Des malades sont guéris, des estropiés marchent, des lépreux sont
débarrassés de cet horrible mal qui les exclut du monde des vivants, et même
des morts ressuscitent.
L’imagination
des hommes s’est mise en marche. Pour les uns, c’est l’espoir d’un changement
longtemps attendu. Le pouvoir de l’oppresseur romain sera enfin chassé. Pour
d’autres, ou pour les mêmes, il faut tout faire pour se trouver du bon côté
quand les choses vont changer.
Jésus
constate que depuis que Jean-Baptiste a commencé à annoncer la venue de ce
royaume, on use de violence pour y entrer. C’est ainsi que les choses marchent
dans notre monde. Il fonctionne avec des rapports de force. Il en a toujours
été ainsi, et c’est encore le cas aujourd'hui.
Lorsqu’on
est insatisfait d’une situation, il est tentant de se laisser convaincre qu’il
y a des solutions miracles. Certains sont prêts à franchir des distances considérables pour aller découvrir le chemin
du bonheur. Lorsque Jean-Baptiste prêchait dans le désert, des foules ont
accouru pour l’entendre. Mais tous n’étaient pas disposés à recevoir son
message. Jésus demande un jour à ceux qui sont venus l’interroger : « qu’êtes-vous
aller chercher dans le désert ? »
Implicitement
il leur reproche d’y être allé simplement par curiosité, ou peut-être pour être
vu des autres, au cas où …
Jésus
prévient donc ses interlocuteurs : Si on vous dit « le royaume
est ici ou il est là » ne les écoutez pas et n’y allez pas !
Le royaume de Dieu n’est pas
lié à un lieu particulier. Il n’a pas de frontières, même pas un territoire
dont on puisse dire : c’est ici le Royaume de Dieu !
Pourtant, il y a des hommes et des femmes ; des enfants et des
vieillards qui en font partie. Il y a aussi ceux qui en sont exclus !
Le royaume est déjà présent. Nous savons quel est le
chemin pour y entrer ; il n’y en a qu’un seul. Jésus affirme : Je
suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au père que par LUI, et venir
au Père, c’est entrer dans le Royaume de Dieu.
Ce royaume est un royaume de justice, une justice
parfaite qui nous est donnée par la mort expiatoire de Jésus. Justice aussi en
ce que le Seigneur nous assure qu’il y aura un jour du jugement. Ce jour là,
toutes les injustices qui n’auront pas été couvertes par le sang de Jésus
seront punies. Nous pouvons faire confiance à celui qui est notre juste juge.
C’est aussi un royaume de paix. La paix de Dieu peut
régner dans nos cœurs parce qu’Il nous a libérés de la crainte. Je vous laisse
ma paix dit Jésus à ses disciples juste avant son arrestation pour être
crucifié.
C’est enfin un royaume d’amour. Un amour vrai, celui
qui donne et se donne comme Jésus s’est donné librement, par amour pour nous.
Ce royaume est là, depuis 2000 ans déjà. A nous de
le rendre visible pour ceux qui nous entourent.
Pierre GEISER
(Messager, mars 2003)