« Que votre parole soit toujours
accompagnée de grâce, assaisonnée de sel, afin que vous sachiez comment il faut
répondre à chacun. » Colossiens 4:6
Une série policière, diffusée
récemment à la télévision a été tournée à Guérande en Loire Atlantique.
Pour y être allé plusieurs fois,
je connais bien cette commune et ses alentours que j’ai pris plaisir à revoir.
Cette cité médiévale est entourée
au sud par les étangs et les canaux du Parc naturel Régional de Brière et au
nord par les marais salants.
L’exploitation du sel dans cette
contrée, existe depuis plus de 2000 ans mais la technique des salines avec
l’ensemble des différents bassins, telle que nous la connaissons aujourd’hui, a
vu le jour vers le IXème siècle. C’est près de
La mer irrigue les marais salants
par l’étier au rythme des marées. Après le passage dans différents bassins, le
sel est obtenu grâce à une gestion de l’eau méticuleuse. Le soleil et le vent
se chargent de l’évaporation de l’eau de mer. Au fil des mois, le sel se
concentre dans des bassins de récolte creusés dans l’argile, appelés œillets.
Le sel se cristallise sur le fond du bassin et le paludier recueille les
cristaux en les repoussant vers le bord de l’œillet.
Aujourd’hui encore, ce métier
ancestral est resté presque exclusivement manuel.
J’ai plaisir à regarder les
gestes précis du paludier avec ses outils : le las pour récolter le gros
sel et la lousse pour la fleur de sel.
Les qualités gustatives de ce sel
sont reconnues bien au-delà de nos frontières.
Mais l’exploitation du sel est
différente selon les régions du monde.
On peut l’extraire des mines où il est sous forme de minerais
mais également en faisant évaporer l’eau de mer ou une substance salée par
différentes méthodes.
Depuis plus de 3000 ans, les
habitants payaient des impôts et taxes, souvent sous forme de marchandises. La
gabelle était un impôt sur le sel, elle remonte au tout début de l’époque
romaine, soit au VIIème siècle avant Jésus-Christ. Le sel était aussi le seul
moyen de conservation pour le poisson. Chaque bateau de pêche embarquait un
important stock de sel avant son départ. Au cours de l’histoire, le sel a donc
pris une place importante dans la vie publique. Bon nombre de passages de la
Bible, font référence à ce condiment et tout particulièrement Jésus pour
décrire le rôle des disciples (non seulement les apôtres mais à tous ceux qui
étaient avides de l’entendre) parmi les hommes « Vous êtes le sel de la
terre … »
Il
leur montre l’importance de tous les préceptes qu’il vient d’énoncer dans les
Béatitudes et leur demande de « saler » non seulement leur parole
mais aussi leur corps et leur esprit en mettant en pratique son enseignement.
C’est d’ailleurs cette même image
que l’apôtre Paul a utilisée auprès des fidèles de l’Eglise de Colosses.
Cette métaphore traverse les
époques. Elle concerne tous les chrétiens. Elle nous concerne.
Le Seigneur nous demande d’être
de véritables chrétiens, d’assaisonner notre parole avec du sel, de transmettre
aux autres le goût de notre bonheur en Jésus. Il nous demande de ne jamais
manquer de sel, que notre foi ne faiblisse pas mais d’apporter notre saveur évangélique dans
l’accomplissement de notre mission. Si nous ne sommes pas suffisamment
« salés », nous ne serons pas en mesure de vivre efficacement
l’Evangile ni de l’annoncer ; alors nous serons des serviteurs inutiles.
Jésus nous met en garde contre
les tentations du monde dans lequel nous vivons.
Il nous appelle à être intègres,
à pratiquer la justice et la vérité.
L’apôtre Pierre nous fait la
recommandation suivante « Ayez une bonne conduite au milieu des païens. Ainsi,
dans les domaines même où ils vous calomnient en vous accusant de faire le mal,
ils verront vos bonnes actions et loueront Dieu le jour où il interviendra dans
leur vie. » 1Pierre 2 : 12
Dans son sermon sur la montagne, Jésus s’adresse à
tous les êtres humains sans distinction mais qui ont assez d’humilité pour
admettre leurs fautes et le reconnaître comme Seigneur et Sauveur. Il s’adresse
donc dans son enseignement à des personnes sauvées, à tous ceux qui font partie
de son royaume et qui ont accepté pour eux le sacrifice de Jésus à leur place.
La lecture des Béatitudes qui précède l’image du sel,
nous montre comment le Seigneur souhaiterait que nous nous comportions :
avoir un cœur de pauvre, être généreux, avoir faim et soif de justice, vivre la
miséricorde, avoir le cœur pur, travailler pour la paix, accepter les outrages,
les persécutions, pour résumer, être la personne qui consacre sa vie au bien de
tous.
Heureux celui qui sait vivre de ces paroles.
Un proverbe dit « Quittez la stupidité, et vous vivrez,
Et marchez dans la voie de l’intelligence ! » Proverbes 9:6
L’apôtre Paul ajoute : « Ne vous conformez pas au siècle
présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin
que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et
parfait. » Romains 12 :2
Dieu nous a unis à Jésus Christ,
il a fait du Christ notre sagesse.
Ainsi délivrés de nos péchés,
nous sommes rendus justes devant Dieu et amenés à vivre pour Dieu.
J’allais oublier une chose encore
sur les marais salants : les paludiers utilisent un autre outil pour
creuser l’argile, c’est une pelle étroite appelée « houlette ».
Le psaume 23 de David reprend
aussi ce mot « L’Eternel est mon berger … car tu es avec moi : Ta
houlette et ton bâton me rassurent … ». La houlette (sorte de bâton) a ici
une fonction différente. Elle représente
la puissance et l’amour de Dieu qui veille sur ses brebis et ramène celle qui
s’égare. Elle nous donne aussi la bonne
direction à suivre et c’est dans cette direction que nous devons tous marcher.
Soyons sans crainte ;
lorsque nous portons à la connaissance des hommes le message de la Bonne
Nouvelle soyons assurés que Dieu nous est fidèle et qu’Il nous soutient.
Demandons-Lui de nous inspirer, de nous aider à proclamer avec enthousiasme Sa
Parole et de savoir comment répondre à chacun comme le texte nous y invite.
L’homme
a organisé des marais ; il y travaille mais ce n’est pas lui qui crée le
sel. Ainsi nous disposons nos cœurs à écouter et recevoir pleinement la vie de
Christ, mais c’est lui qui nous fait « sel » par son Esprit.
Dieu nous aime, il ne nous
demande rien qu’il ne nous donne d’abord. Son Fils Jésus en est le témoignage.
« Car
Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque
croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. » Jean
3:16
Jésus peut transformer nos cœurs
et nous permettre de parler avec cette saveur qui vient de Lui : « le
sel de la terre ».
Bonnes vacances à tous.
Serge
Warin