« Protégé et consolé merveilleusement »

Poème de Dietrich Bonhoeffer

 

 

« Entouré fidèlement et calmement / De puissances bienveillantes / Protégé et consolé merveilleusement / Je veux vivre tous ces jours avec vous / Et avec vous aller vers l'an nouveau.

 

Le passé veut encore martyriser nos cœurs, Le lourd fardeau des jours mauvais nous pèse encore. Ah! Seigneur, accorde à nos âmes effrayées le salut pour lequel tu nous as créés.

 

« Merveille ! Protégés par des puissances bienveillantes / Nous attendons sans crainte ce qui peut advenir / Dieu est près de nous soir et matin / Et le sera, c'est sûr, chaque jour nouveau. 

 

Et si tu nous tends la coupe lourde et amère / De la souffrance, emplie jusqu'à l'extrême bord / Nous la prendrons reconnaissants et sans trembler / De ta main toute bonne et de nous bien-aimée

 

Et si tu veux nous faire profiter encore une fois de la joie de ce monde et de l’éclat de son soleil, nous voulons alors songer au passé, notre vie t’appartient totalement.     

 

Aujourd’hui, fais brûler dans la chaleur et la sérénité les bougies que tu as mises dans nos ténèbres, rassemble-nous de nouveau si possible. Nous le savons, ta lumière apparaît dans la nuit.

 

Si maintenant le silence se répand en profondeur autour de nous, accorde-nous de percevoir chaque accord du monde qui s’étend invisible autour de nous, toutes les louanges de tes enfants »

Tiré de Résistance et soumission, Lettre n° 200, p. 492-493

 

Protégé et consolé merveilleusement

« Merveille ! Protégés par des puissances bienveillantes / Nous attendons sans crainte ce qui peut advenir / Dieu est près de nous soir et matin / Et le sera, c'est sûr, chaque jour nouveau ».

 

Ce texte d’une rare beauté a été composé par le théologien allemand Dietrich Bonhoeffer alors emprisonné dans les geôles nazies et à quelques jours de son exécution. Voici une autre citation de ce géant de la foi qui nous va droit au cœur au lendemain du séisme qui a ébranlé Haïti et nos familles par ricochet.

«La nouvelle année ne sera pas une année sans peur, ni culpabilité ni détresse. Il importe de la passer avec Dieu, même si la peur, la culpabilité et la détresse nous gagnent ; il nous importe aussi de démarrer l’année avec lui, et de démarrer avec Lui une belle histoire d’amour, sachant que cette histoire d’amour redémarre à zéro tous les jours.»

Nous vivons à une époque terrible et terrifiante à bien des égards. Depuis toujours, le monde dans lequel nous vivons est terrible et terrifiant.

Jésus-Christ déclare :

« Que votre cœur ne s’alarme pas ! Croyez en Dieu et croyez en moi » Jn 1.14

«Terreurs tous alentours», voilà une expression couramment utilisée dans l’Ecriture pour décrire une situation critique.

Mais hier comme aujourd’hui la consolation existe. Auprès du Dieu vivant, du Dieu unique et trois fois saint, auprès du Père, du Fils et du Saint-Esprit. «Croyez en moi !», déclare Jésus. Je vous conduis à travers les terreurs que la vie vous occasionne jusqu’au ciel d’où seront exclues toutes les terreurs et frayeurs.

Cette icône égyptienne datant du 6e siècle nous montre Ménas et le Christ illustre le verset qui nous sert de mot d’ordre pour les 365 jours à venir.

 Ménas était un soldat égyptien engagé dans l’armée romaine au cours du 3e siècle. Et parce que l’Empereur ne voulait pas seulement être le chef de l’Armée mais aussi dieu en personne, ses soldats devaient sacrifier devant sa statue impériale. Ménas ne pouvait ni ne voulait s’y résoudre. Son Seigneur portait le nom de Jésus. Il s’enfuit alors dans le désert, mais fut repéré et arrêté. Il eut une dernière chance : «Renonce à ton Jésus, sinon tu vas mourir !» Mais Ménas ne bougea pas d’un pouce :        « Jésus est et reste mon seul Seigneur ».

Sur ce, Ménas fut jeté aux fers et décapité.

Terrible et terrifiant. Et où se trouvait Jésus ?

Jésus a été à ses côtés ! Toujours ! Il avait posé ses mains sur l’épaule de Ménas. Il est allé avec lui jusque dans les affres de la mort. Jésus, l’ami et le Seigneur. Le frère en humanité et le Fils de Dieu. Le sauveur et le juge du monde tout entier. Je l’entends répéter à Ménas : « Que ton cœur ne s’effraie pas ! Crois en Dieu, crois en moi !»

Aujourd’hui, il nous redit, il redit ces mêmes paroles à nos proches bouleversés par les secousses meurtrières du 19 janvier, il me les redit à moi et à tous ceux qui s’effraient devant les choses terribles et terrifiantes que nous réserve la vie ici-bas. Ainsi pouvons-nous avancer consolés et remplis d’espérance dans cette nouvelle année de grâce. Avec Lui !

JP Waechter