MARANATHA, VIENS SEIGNEUR !
Cette
parabole rythme tout le Nouveau Testament parce qu’elle exprime une attente et
une espérance dans le Seigneur que nous attendons tous. Elle constituait une
perspective essentielle dans la foi de l’Eglise au premier siècle.
Aujourd’hui,
en présence des textes dits apocalyptiques, comme dans ce texte de Marc au
chapitre 13, deux dérives nous guettent.
Tout
d’abord, la tentation de l’abandon de cette dimension que l’on appelle la foi.
Il est plus facile de penser qu’il s’agissait d’une page cultuelle de
l’histoire de l’Eglise et que cette page a été tournée.
Ou
alors il n’y aurait plus de place dans le monde moderne où nous vivons pour
l’espérance dans le Dieu qui vient, ou même il y aurait la tentation de céder à
une fascination pour les choses à venir, très souvent au détriment d’un
engagement dans l’aujourd’hui.
Et
alors on essaie de lire entre les lignes de la Bible, entre les lignes de
l’histoire, espérant établir des concordances révélatrices. En agissant ainsi,
on ne fait rien d’autre que ce que font un grand nombre de personnes dans
l’Evangile qui cèdent à la tentation de la connaissance du mystère du temps et
abandonnent l’espérance, fascinés de connaître le secret du Père.
Le
manque de foi ne nous permet pas d’entendre le message. Christ vient, soyons
vigilants. Dans l’Ecriture cela relève et de la confession de foi, le Seigneur
vient, et d’un appel de la foi.
Ce
chapitre 13 de Marc répond à une préoccupation pastorale : raffermir des
Eglises troublées, des Eglises qui ne savent plus vivre les promesses de
Jésus-Christ.
En
effet, l’Eglise a été malmenée et persécutée. Les premiers chrétiens étaient
convaincus d’un retour imminent du Seigneur et puis des décennies passant, des
interrogations se font jour. Quand reviendra-t-il ?
La
foi, l’espérance se font peut-être plus tièdes, ensuite de nombreuses Eglises
ont été confrontées à la persécution, à l’oppression. C’était à des Eglises
découragées, dispersées sans doute, que l’évangéliste Marc veut réaffirmer les
solidités de leur espérance ; oui il vient le Seigneur, celui qui
rassemblera tout son peuple ; il vient dans sa gloire dont la puissance
ébranle tout le cosmos.
Tout
le Nouveau Testament est habité de cette conviction : le Seigneur vient.
L’Eglise a besoin d’une espérance vivante, elle a besoin de ces deux points
d’appui : la croix et la parousie, le salut accompli et le salut
pleinement manifesté.
Paul
déclarait aux Corinthiens : « si Christ ne revient pas, votre foi
est vaine ». Il faut que cette attente, cette espérance nous habitent
sans pour autant nous laisser entraîner dans des spéculations futiles au sujet
du quand et du comment.
Dans
le Psaume 75, Dieu fixe ses prérogatives et déclare « au temps que
j’aurai fixé, je jugerai avec droiture ». De ces deux prérogatives,
Dieu fixe le moment et il jugera avec équité. Dieu nous parle dans ce psaume
sans même avoir été annoncé au commencement, point n’est besoin d’élever nos
fronts «La terre tremble avec tous ceux qui l'habitent : Moi,
j’affermis ses colonnes ».
Le
quand et le comment appartiennent à Dieu. Nous devons reconnaître qu’il y a une
part de mystère dans les actions de Dieu, même pour ceux qui l’attendent,
l’accomplissement de la promesse divine est toujours surprenant.
L’Ecriture
atteste qu’il vient, c’est une certitude, il vient dans sa souveraineté. Mais
ce figuier reverdissant, ne peut-être autre chose que le signe de la
résurrection, Christ ressuscité, prémices du peuple de Dieu. On vit dés lors
dans l’assurance de la parousie.
Face
à l’histoire troublante du monde, devant notre propre faiblesse, demeurons
solidement dans les promesses de Dieu, car elles sont plus certaines que le
ciel et la terre.
A
l’agneau sur son trône revêtu de gloire et de l’autorité divine, c’est un grand
Seigneur que nous attendons celui qui vient dans sa majesté divine. Cette
espérance, cette assurance doivent nourrir notre vigilance.
Mais
le maître pendant son absence a confié à ses serviteurs des responsabilités et
il les a revêtus de l’autorité pour les accomplir. Rester comme des
veilleurs ne consiste pas à essayer de deviner les signes des temps mais plutôt
à être toujours conscients de notre
responsabilité et occupés à remplir notre tâche.
Il
ne faudrait pas qu’à son retour le maître trouve ses serviteurs endormis ou
occupés à tout sauf à accomplir ce qui leur avait été confié ; il ne
faudrait pas qu’à son retour, Il trouve une Eglise ne sachant plus en qui elle
espère, elle ne saurait alors plus pourquoi elle existe.
Aux
Colossiens, Paul écrivait : « et votre vie est cachée avec Christ
en Dieu. Quand Christ, votre vie paraîtra, alors vous paraîtrez aussi avec Lui
dans la gloire. »
Moïse
dans sa prière constatant que la vie devient de plus en plus courte demande à
Dieu de nous aider à bien compter nos jours.
Vous
et moi, nous avons besoin de bien compter nos jours, nous venons de confirmer
notre adhésion à l’Union que chacun puisse apporter sa pierre dans cette
construction. Demandons à Dieu de nous aider à honorer nos engagements dans
notre marche avec Lui. C’est l’occasion de faire le point sur notre marche avec
Dieu.
Francilio ELIACIN