MARANATHA, VIENS SEIGNEUR !

 

Textes bibliques : Psaume 75 – Psaume 90 : 1 à 12 – Marc 13 : 23 à 37

 

Cette parabole rythme tout le Nouveau Testament parce qu’elle exprime une attente et une espérance dans le Seigneur que nous attendons tous. Elle constituait une perspective essentielle dans la foi de l’Eglise au premier siècle.

 

Aujourd’hui, en présence des textes dits apocalyptiques, comme dans ce texte de Marc au chapitre 13, deux dérives nous guettent.

Tout d’abord, la tentation de l’abandon de cette dimension que l’on appelle la foi. Il est plus facile de penser qu’il s’agissait d’une page cultuelle de l’histoire de l’Eglise et que cette page a été tournée.

Ou alors il n’y aurait plus de place dans le monde moderne où nous vivons pour l’espérance dans le Dieu qui vient, ou même il y aurait la tentation de céder à une fascination pour les choses à venir, très souvent au détriment d’un engagement dans l’aujourd’hui.

 

Et alors on essaie de lire entre les lignes de la Bible, entre les lignes de l’histoire, espérant établir des concordances révélatrices. En agissant ainsi, on ne fait rien d’autre que ce que font un grand nombre de personnes dans l’Evangile qui cèdent à la tentation de la connaissance du mystère du temps et abandonnent l’espérance, fascinés de connaître le secret du Père.

 

Le manque de foi ne nous permet pas d’entendre le message. Christ vient, soyons vigilants. Dans l’Ecriture cela relève et de la confession de foi, le Seigneur vient, et d’un appel de la foi.

 

Ce chapitre 13 de Marc répond à une préoccupation pastorale : raffermir des Eglises troublées, des Eglises qui ne savent plus vivre les promesses de Jésus-Christ.

 

En effet, l’Eglise a été malmenée et persécutée. Les premiers chrétiens étaient convaincus d’un retour imminent du Seigneur et puis des décennies passant, des interrogations se font jour. Quand reviendra-t-il ?

 

La foi, l’espérance se font peut-être plus tièdes, ensuite de nombreuses Eglises ont été confrontées à la persécution, à l’oppression. C’était à des Eglises découragées, dispersées sans doute, que l’évangéliste Marc veut réaffirmer les solidités de leur espérance ; oui il vient le Seigneur, celui qui rassemblera tout son peuple ; il vient dans sa gloire dont la puissance ébranle tout le cosmos.

 

Tout le Nouveau Testament est habité de cette conviction : le Seigneur vient. L’Eglise a besoin d’une espérance vivante, elle a besoin de ces deux points d’appui : la croix et la parousie, le salut accompli et le salut pleinement manifesté.

 

Paul déclarait aux Corinthiens : « si Christ ne revient pas, votre foi est vaine ». Il faut que cette attente, cette espérance nous habitent sans pour autant nous laisser entraîner dans des spéculations futiles au sujet du quand et du comment.

 

Dans le Psaume 75, Dieu fixe ses prérogatives et déclare « au temps que j’aurai fixé, je jugerai avec droiture ». De ces deux prérogatives, Dieu fixe le moment et il jugera avec équité. Dieu nous parle dans ce psaume sans même avoir été annoncé au commencement, point n’est besoin d’élever nos fronts «La terre tremble avec tous ceux qui l'habitent : Moi, j’affermis ses colonnes ».

 

Le quand et le comment appartiennent à Dieu. Nous devons reconnaître qu’il y a une part de mystère dans les actions de Dieu, même pour ceux qui l’attendent, l’accomplissement de la promesse divine est toujours surprenant.

 

L’Ecriture atteste qu’il vient, c’est une certitude, il vient dans sa souveraineté. Mais ce figuier reverdissant, ne peut-être autre chose que le signe de la résurrection, Christ ressuscité, prémices du peuple de Dieu. On vit dés lors dans l’assurance de la parousie.

 

Face à l’histoire troublante du monde, devant notre propre faiblesse, demeurons solidement dans les promesses de Dieu, car elles sont plus certaines que le ciel et la terre.

 

A l’agneau sur son trône revêtu de gloire et de l’autorité divine, c’est un grand Seigneur que nous attendons celui qui vient dans sa majesté divine. Cette espérance, cette assurance doivent nourrir notre vigilance.

 

Mais le maître pendant son absence a confié à ses serviteurs des responsabilités et il les a revêtus de l’autorité pour les accomplir. Rester comme des veilleurs ne consiste pas à essayer de deviner les signes des temps mais plutôt à être toujours conscients de notre  responsabilité et occupés à remplir notre tâche.

 

Il ne faudrait pas qu’à son retour le maître trouve ses serviteurs endormis ou occupés à tout sauf à accomplir ce qui leur avait été confié ; il ne faudrait pas qu’à son retour, Il trouve une Eglise ne sachant plus en qui elle espère, elle ne saurait alors plus pourquoi elle existe.

 

Aux Colossiens, Paul écrivait : « et votre vie est cachée avec Christ en Dieu. Quand Christ, votre vie paraîtra, alors vous paraîtrez aussi avec Lui dans la gloire. »

 

Moïse dans sa prière constatant que la vie devient de plus en plus courte demande à Dieu de nous aider à bien compter nos jours.

 

Vous et moi, nous avons besoin de bien compter nos jours, nous venons de confirmer notre adhésion à l’Union que chacun puisse apporter sa pierre dans cette construction. Demandons à Dieu de nous aider à honorer nos engagements dans notre marche avec Lui. C’est l’occasion de faire le point sur notre marche avec Dieu.

 

Francilio ELIACIN