« L’Eternel lui dit : mais je
serai avec toi et tu battras Madian comme un seul homme »
La vocation a-t-elle une
place centrale dans le monde chrétien tel qu’il est perçu ou vécu
actuellement ?
On entend souvent par
chrétien celui qui va au culte, qui croit en Dieu, se reconnaît pêcheur. On
peut peut-être dire encore qu’il connaît le Christ et s’efforce de pratiquer
l’Évangile. Mais entendons-nous par Chrétien celui qui se sait appelé et vit
une vocation ?
La vocation est-elle une
illusion ?
Nous sommes là, confrontés à
un problème réel et angoissant : Si Dieu parle dans l’intimité de mon cœur
et si une vocation est un appel strictement personnel comment puis-je savoir si
ce que je ressens n’est pas seulement le produit de mon imagination, le travail
de ma sensibilité qui me fait croire qu’il s’agit de Dieu ?
Pour le chrétien qui se
cantonne dans le confort sécurisant de sa communauté, la vocation est ressentie
comme une opération déstabilisante. Il s’agit d’une expérience subite sans
préparation, une irruption divine qui opère une véritable conversion, un
déracinement dans la vie standardisée et organisée du chrétien.
Les prophètes Moïse,
Jérémie, Esaïe, Samuel reçoivent ce mot clé : « VA ». Il
en est ainsi de la vision du char révélée à d’Ézéchiel « il me dit :
fils de l’homme va vers la maison d’Israël et tu leur diras mes
paroles ! »
Gédéon reçoit lui aussi un
ordre de mission « va avec cette force que tu as reçue et sauve
Israël de Madian, c’est moi qui t’envoie »
Gédéon, fils de Joas, avait
peur des Madianites et des Amalécites. Il se dépêchait de battre un peu de
froment pour le cacher, le mettre à l’abri des envahisseurs.
Israël crie sa
douleur à l’Éternel au sujet de Madian. L’Eternel leur envoie un prophète.
Combien de fois avons-nous
entendu cette expression : « fort bien que faible » ?
Gédéon n’est pas des plus
courageux et pourtant l’Ange de l’Éternel le qualifie de vaillant héros. Il
cherche, comme nous le faisons souvent nous-mêmes par des prétextes, à se
soustraire à l’ordre de mission. Néanmoins, il finit par accepter et se mettre
en conformité avec les préceptes de Dieu. Gédéon fut revêtu de l’esprit de
l’Éternel et leva une forte armée. L’Eternel lui dit « le peuple qui est
avec toi est trop nombreux ». Il réduisit ses hommes au nombre de 300 car
Dieu connaît l’orgueil de l’homme. Israël, dit-il, pourrait en tirer gloire
contre moi. La gloire doit et ne peut revenir qu’à Dieu seul.
Rien n’est impossible à
Dieu, Gédéon écrasa les oppresseurs dans la bataille de la plaine de Jizréel,
tua les deux princes Oreb et Zeeb puis les deux rois Zebah et Tsalmounna. Le
pays fut en paix pendant 40 ans.
Mais Dieu ne nous
demande-t-il pas à nous aussi d’être actifs ?
Jésus âgé de 12 ans dit à sa
mère Marie (Luc. Ch. 2 v. 48 et 49) « ne saviez-vous pas qu’il faut que je
m’occupe des affaires de mon Père ? » Le secret de Jésus était qu’il
s’occupait toujours des affaires de son Père. Il choisit 12 apôtres (Luc
6 :12 à 15). Il dit à Pierre « tu es Pierre et sur cette pierre je
bâtirai mon Église » (Matthieu 16 :18). Il dit aussi à Paul
« Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » et Paul en Galates
déclarera au ch. 1 v. 11 et 12 « frères, cet évangile que je vous ai
annoncé n’est pas d’inspiration humaine, et d’ailleurs ce n’est pas par un
homme qu’il m’a été transmis ni enseigné, mais par une révélation de
Jésus-Christ ».
Ne nous trompons pas :
si nous entendons l’appel de Dieu, nous disant « Va avec cette force que
tu as », ne tardons pas à répondre ! Et, comme Il l’a fait pour
Gédéon, Il veut bien confirmer son appel et nous dire « Je serai avec
toi », « Sois en paix et sans crainte » !
Dieu veut que nous sautions
dans son char. Alors, nous n’avons plus besoin de chercher un sens à nos vies.
Il n’y a pas de plus grande satisfaction, ni de plus grand bonheur que de
proclamer la Bonne Nouvelle à notre génération !
Pierre Warin