« L’Eternel lui dit : mais je serai avec toi et tu battras Madian comme un seul homme »

Juges 6 : 16

 

 

 

La vocation a-t-elle une place centrale dans le  monde chrétien tel qu’il est perçu ou vécu actuellement ?

On entend souvent par chrétien celui qui va au culte, qui croit en Dieu, se reconnaît pêcheur. On peut peut-être dire encore qu’il connaît le Christ et s’efforce de pratiquer l’Évangile. Mais entendons-nous par Chrétien celui qui se sait appelé et vit une vocation ?

 

La vocation est-elle une illusion ?

Nous sommes là, confrontés à un problème réel et angoissant : Si Dieu parle dans l’intimité de mon cœur et si une vocation est un appel strictement personnel comment puis-je savoir si ce que je ressens n’est pas seulement le produit de mon imagination, le travail de ma sensibilité qui me fait croire qu’il s’agit de Dieu ?

 

Pour le chrétien qui se cantonne dans le confort sécurisant de sa communauté, la vocation est ressentie comme une opération déstabilisante. Il s’agit d’une expérience subite sans préparation, une irruption divine qui opère une véritable conversion, un déracinement dans la vie standardisée et organisée du chrétien.

 

Les prophètes Moïse, Jérémie, Esaïe, Samuel reçoivent ce mot clé : « VA ». Il en est ainsi de la vision du char révélée à d’Ézéchiel « il me dit : fils de l’homme va vers la maison d’Israël et tu leur diras mes paroles ! »

 

Gédéon reçoit lui aussi un ordre de mission « va avec cette force que tu as reçue et sauve Israël de Madian, c’est moi qui t’envoie »

 

Gédéon, fils de Joas, avait peur des Madianites et des Amalécites. Il se dépêchait de battre un peu de froment pour le cacher, le mettre à l’abri des envahisseurs.

 

Israël crie sa douleur à l’Éternel au sujet de Madian. L’Eternel leur envoie un prophète.

 

Combien de fois avons-nous entendu cette expression : « fort bien que faible » ?

Gédéon n’est pas des plus courageux et pourtant l’Ange de l’Éternel le qualifie de vaillant héros. Il cherche, comme nous le faisons souvent nous-mêmes par des prétextes, à se soustraire à l’ordre de mission. Néanmoins, il finit par accepter et se mettre en conformité avec les préceptes de Dieu. Gédéon fut revêtu de l’esprit de l’Éternel et leva une forte armée. L’Eternel lui dit « le peuple qui est avec toi est trop nombreux ». Il réduisit ses hommes au nombre de 300 car Dieu connaît l’orgueil de l’homme. Israël, dit-il, pourrait en tirer gloire contre moi. La gloire doit et ne peut revenir qu’à Dieu seul.

 

Rien n’est impossible à Dieu, Gédéon écrasa les oppresseurs dans la bataille de la plaine de Jizréel, tua les deux princes Oreb et Zeeb puis les deux rois Zebah et Tsalmounna. Le pays fut en paix pendant 40 ans.

 

Mais Dieu ne nous demande-t-il pas à nous aussi d’être actifs ?

 

Jésus âgé de 12 ans dit à sa mère Marie (Luc. Ch. 2 v. 48 et 49) « ne saviez-vous pas qu’il faut que je m’occupe des affaires de mon Père ? » Le secret de Jésus était qu’il s’occupait toujours des affaires de son Père. Il choisit 12 apôtres (Luc 6 :12 à 15). Il dit à Pierre « tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église » (Matthieu 16 :18). Il dit aussi à Paul « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » et Paul en Galates déclarera au ch. 1 v. 11 et 12 « frères, cet évangile que je vous ai annoncé n’est pas d’inspiration humaine, et d’ailleurs ce n’est pas par un homme qu’il m’a été transmis ni enseigné, mais par une révélation de Jésus-Christ ».

 

Ne nous trompons pas : si nous entendons l’appel de Dieu, nous disant « Va avec cette force que tu as », ne tardons pas à répondre ! Et, comme Il l’a fait pour Gédéon, Il veut bien confirmer son appel et nous dire « Je serai avec toi », « Sois en paix et sans crainte » !

 

Dieu veut que nous sautions dans son char. Alors, nous n’avons plus besoin de chercher un sens à nos vies. Il n’y a pas de plus grande satisfaction, ni de plus grand bonheur que de proclamer la Bonne Nouvelle à notre génération !

 

Pierre Warin