« Joie, joie, joie, pleurs de joie ! »
«Que le cœur de ceux qui cherchent
l'Éternel se réjouissent !»
Psaume 105.3
La joie sur
commande. Est-ce que ça marche ? Ça marche, du moins pas comme avec le photographe donnant la consigne : «un
sourire, s’il vous plaît !» Pendant quelques secondes, à la limite, il est
possible d’esquisser un sourire, même si le cœur n’y est pas. Mais la joie est
une impulsion initiale du cœur. On ne peut en forcer l’expression, et la joie
ne peut être feinte, ne fût-ce qu’un instant.
Le physiologiste
français Guillaume Benjamin Duchenne a découvert en 1860 que, dans toute joie
véritable, non seulement les lèvres sont actives, mais aussi les muscles situés
autour des yeuxj : les
sourires exprimant une joie sincère se différencient des sourires volontaires
par la contraction d'un muscle situé autour des yeux.
Nous connaissons le sourire aux anges, le sourire en
coin, le sourire forcé, le sourire béat, le sourire de condescendance.
Comment savoir si la personne qui vous sourit est sincère?
Pour démasquer le sourire
simulé, regardez les yeux : si l’extérieur du muscle orbiculaire ne se
contracte pas, la personne qui sourit devant vous manque de sincérité!
Nous ne pouvons pas simuler un sourire de
Duchenne.
Et Dieu attend de nous une joie sans feinte
qui mobilise toutes les ressources de notre être, nos muscles y compris ! Et
les raisons pour se livrer à la joie sont multiples. De hier à aujourd’hui !
«Que le cœur de ceux qui cherchent le
Seigneur se réjouissent !»
Le transfert solennel de l'Arche, le
sanctuaire religieux d'Israël, dans la ville royale de Jérusalem, donne lieu à
une explosion de joie.
La nation entière a également baigné dans
cette ambiance festive, et David, le poète assis sur le trône, a écrit un hymne
jubilatoire à cette occasion. Une ode solennelle unique en son genre en
l’honneur de cette glorieuse histoire du peuple avec son Dieu - et vice versa:
de Dieu avec son peuple.
Le simple rappel de cette histoire du
peuple Israël suffisait à éveiller un beau sourire sur le visage des croyants -
pas seulement au coin de leur bouche, mais aussi tout autour des yeux. Une
véritable joie dans le sens que Guillaume Benjamin Duchenne avait établi.
Or tout ce qui s'est passé remonte à
quelque 3000 années en arrière. Est-ce que qu’il existe encore une joie de cet
ordre pour aujourd'hui? Oh, oui. Mon histoire personnelle avec Dieu n’est
peut-être pas aussi spectaculaire que celle de David, ou que celle du peuple
d'Israël à l’époque, mais si j’y réfléchis honnêtement, j'ai également toutes
les raisons de me réjouir, de ma bouche, de mes yeux et surtout de tout mon
cœur.
En ce temps de Noël tout particulièrement,
la nouvelle hautement proclamée sur tous les tons et en tous lieux, la nouvelle
de la naissance de notre Sauveur Jésus-Christ est susceptible d’être «pour
tout le peuple le sujet d'une très grande joie. Un Sauveur vous est né aujourd'hui dans la ville de David ;
c'est lui le Messie, le Seigneur». Et nous reprendrons en chœur comme de tout notre cœur le concert des
anges de l’armée céleste qui chantaient les louanges de Dieu : «Gloire à Dieu au plus haut des cieux ! Et paix
sur la terre aux hommes qu'il aime» (Mt
2,11-14). Ainsi sourirons-nous aux anges en ce Noël mémorable 2009. Joyeux Noël
!
Jean-Philippe Waechter